Quel tableau électrique choisir pour une maison ou un appartement ?
Mis à jour le 12 octobre 2026
En bref
Un tableau se choisit d'après le nombre de circuits, pas d'après la surface : chaque circuit a son disjoncteur, chaque interrupteur différentiel 30 mA en protège huit au plus, il en faut au moins deux, et la norme demande 20 % de place libre. Le nombre de rangées découle de ce calcul, que l'électricien fait à partir de la liste de vos circuits.
Pourquoi la surface du logement ne suffit pas ?
On cherche souvent « quel tableau pour une maison de 100 m² » ou « pour un T3 ». Mais deux logements de même surface peuvent avoir des besoins très différents : chauffage électrique ou gaz, plaque à induction, chauffe-eau, volets roulants, garage, borne de recharge.
Promotelec le résume ainsi : l'équipement de protection n'est plus dimensionné en fonction de la taille du logement, mais calculé en fonction de la taille de l'installation électrique. On part donc de la liste des circuits.
Que faut-il mettre dans un tableau électrique ?
Voici les règles principales de la norme NF C 15-100 telles que les présente Promotelec. Elles s'appliquent aux installations neuves ou entièrement rénovées.
- Au moins deux dispositifs différentiels 30 mA.
- Huit circuits au maximum sous un même différentiel.
- Un différentiel de type A (ou F, ou B) pour les circuits de cuisson, du lave-linge et de la recharge de véhicule électrique ; au minimum de type AC pour les autres.
- Les circuits d'éclairage comme ceux de prises répartis sous au moins deux différentiels, pour ne pas se retrouver dans le noir au moindre défaut.
- Une protection contre les surintensités sur chaque circuit, assurée obligatoirement par un disjoncteur (plus de fusibles).
- Une réserve de 20 % de place libre, limitée à 6 modules en logement collectif.
Combien de circuits pour un appartement ou une maison ?
Certains appareils exigent un circuit spécialisé : cuisinière ou plaque de cuisson, four, lave-vaisselle, lave-linge et sèche-linge, ainsi que la borne ou la prise de recharge d'une voiture électrique. Les six prises non spécialisées de la cuisine sont, elles aussi, sur un circuit dédié en 2,5 mm².
À titre d'exemple, la brochure de Promotelec détaille un T3 chauffé à l'électricité avec convecteurs, eau chaude thermodynamique et sèche-serviettes : une quinzaine de circuits répartis sous trois interrupteurs différentiels, dont un de type A pour les plaques et le lave-linge. Une maison avec garage, extérieur ou piscine en compte davantage, et un studio nettement moins.
Combien de rangées choisir ?
Les coffrets se vendent en une, deux, trois, quatre rangées ou plus. Le bon nombre se déduit du nombre de modules à loger (différentiels, disjoncteurs, contacteur, éventuel parafoudre), auquel on ajoute les 20 % de réserve. Prendre trop juste oblige à changer de coffret au premier ajout ; la réserve est justement là pour accueillir plus tard une borne de recharge ou une climatisation.
Le calibre des différentiels se calcule aussi : selon Promotelec, il doit être au moins égal à celui de l'appareil général de commande et de protection, ou bien déterminé à partir des circuits en aval, en comptant pleinement le chauffage électrique direct, l'eau chaude et la recharge du véhicule, et à moitié les autres usages. C'est un calcul d'électricien, mais il explique pourquoi deux tableaux de même taille peuvent porter des différentiels de 40 A ou de 63 A.
Un garage, un atelier ou une dépendance éloignée peuvent recevoir un tableau secondaire, alimenté depuis le tableau principal ; c'est souvent plus simple que de tirer chaque circuit depuis la maison.
Où installer le tableau ?
La norme réserve un espace technique électrique du logement (ETEL), d'au moins 600 mm de large et 250 mm de profondeur, qui accueille la gaine technique (GTL) et le tableau. Promotelec recommande de le placer près d'une entrée ou dans une pièce annexe facile d'accès.
Le tableau se pose entre 0,90 m et 1,80 m du sol, et jamais dans une pièce avec baignoire ou douche. Les WC ne sont pas considérés comme une pièce humide, mais Promotelec déconseille fortement d'y laisser le tableau et recommande de le déplacer, par exemple dans l'entrée : un point à regarder si votre appartement ancien, à Lyon ou ailleurs, a son tableau dans les toilettes.
Legrand, Schneider, Hager : la marque compte-t-elle ?
Les grandes marques proposent du matériel conforme à la même norme ; l'essentiel est la composition du tableau, pas le logo. Les différences portent sur l'ergonomie (bornes à connexion sans vis, peignes), l'esthétique du coffret et la disponibilité des pièces. Demandez surtout un schéma ou une liste des circuits repérés : c'est ce qui vous servira le jour d'une panne.
Deux options méritent d'être discutées avec l'électricien : le parafoudre, utile selon l'exposition aux orages, et les détecteurs d'arc, que la norme recommande sur les circuits d'appareils qui tournent en continu et difficiles d'accès, comme la VMC ou une pompe de piscine.
Sources
- Promotelec — NF C 15-100 : la réponse aux exigences réglementaires (brochure)
- Promotelec — Conformité et sécurité électriques : la nouvelle série de normes NF C 15-100
- Promotelec — NF C 15-100, la norme de référence pour l'installation électrique
- Promotelec — Tableau électrique : l'essentiel à savoir
- Promotelec — Peut-on poser une GTL dans les WC ?